La Fondation LAccolade propose une programmation d’expositions mêlant restitutions de résidences et expositions indépendantes, œuvres d’artistes de la collection ou d’artistes invités.

Le Berceau

Eugénie Touzé

Du 5 au 28 novembre 2026 - Fondation LAccolade

Pour sa seconde participation au Festival PhotoSaintGermain, la Fondation LAccolade - Institut de France présente Le Berceau, une exposition personnelle d’Eugénie Touzé, née de sa résidence à la Fondation NIROX, en Afrique du Sud. Diplômée des Beaux-Arts de Paris, l’artiste, photographe et vidéaste, s’est immergée dans un site paléoanthropologique inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, surnommé « Berceau de l’Humanité ». Le titre de l’exposition insiste sur la découverte de ce lieu à l’origine de l’existence humaine, réputé détenir la plus grande concentration de restes humains ancestraux.

De son expérience au cœur d’un territoire où se côtoient faune sauvage, flore méconnue et présence humaine, Eugénie rapporte des images et des sons qui interrogent notre relation au paysage et au vivant. L’exposition vient ainsi clore cette résidence tout en la prolongeant, invitant le spectateur à éprouver, au-delà du voir, cette force vitale qui relie les êtres, entre mise à distance et troublante impression de déjà-vu.

Comment traduire, à travers l’œil de la caméra, les premières impressions face à un paysage nouveau, tout en échappant aux reliquats mémoriels des stéréotypes, de l’exotisme et de l’anthropocentrisme ? Alors que le vocabulaire photographique et filmique emprunte volontiers à celui de la chasse - « prendre », « capturer » -, le travail d’Eugénie semble se soustraire à toute logique de domination ou de prédation, pour révéler au contraire nos vulnérabilités.

Scénographie : Jeanne Bakouche

Livret d’exposition : Marie Gayet

Dans un dialogue continu avec son environnement, l’artiste s’expose aux éléments autant qu’à l’altérité pour retranscrire l’intensité d’un instant. À l’aide de plans fixes et de cadres serrés, la caméra immobile, plantée sur le trépied comme la toile d’un peintre sur son chevalet, Eugénie capte l’infini de l’espace-temps, enchâssé dans chaque mouvement, chaque variation de lumière, chaque silence rompu par une rumeur : celle de l’activité humaine, jamais absente. Trois films (Le Berceau, Atmosphère et Veuve-Noire), ainsi qu’une série de huit photographies témoignent de cette rencontre, de ce corps à corps avec le lieu, la terre-mère et tout ce qui l’habite.

À l’occasion du Festival PhotoSaintGermain, ces œuvres investissent les murs de l’appartement-atelier de la Fondation LAccolade. En invitant le spectateur à se réapproprier l’acte de contemplation, à priori anachronique à l’ère numérique, l’exposition insuffle un effort d’attention et une forme d’acuité émotionnelle qui n’est pas sans rappeler l’état des candeurs enfantines. Eugénie fait ainsi acte de « présences », au pluriel, renvoyant chacun à ses propres fantômes, dans un jeu de miroirs où se brouillent les frontières entre force et fragilité, vie et mort, espèces dangereuses et espèces en danger.

— Catherine Dobler, directrice et fondatrice de la Fondation LAccolade

Horaires d’ouvertures :

Les jeudis, vendredis de 15h à 19h,

les samedis de 14h à 18h,

le dimanche 15 novembre de 14h à 18h

SUR RÉSERVATION

Ce qui fait trace sans faire de bruit

Du 14 novembre au 29 novembre 2025 - Fondation LAccolade

Avec la participation de Fanny Béguély, Guénaëlle de Carbonnières, Dan Hayes, Ninon Hivert, Julie Rochereau, Hugo Servanin & Naz Shahrokh.

À l’occasion de PhotoSaintGermain, la Fondation LAccolade présente l’exposition Ce qui fait trace sans faire de bruit réunissant des œuvres de sa collection aux côtés de pièces d’artistes invité·e·s. Ensemble, elles proposent une réflexion sensible sur notre rapport à la mémoire, à la disparition et aux territoires que nous habitons. Les paysages, qu’ils soient urbains ou naturels, y sont envisagés comme des espaces vivants traversés de récits, de réminiscences, de discontinuités. La photographie, au cœur du projet, se déploie ici comme une matière en transformation. Loin du spectaculaire, les œuvres présentées privilégient des démarches lentes, fragiles et parfois précaires, s’inscrivant dans une forme de décroissance esthétique face à la frénésie visuelle contemporaine. Dans ce contexte, les artistes s’attachent à rendre tangible ce qui tend à disparaître. Leurs gestes photographiques engagent un rapport physique au médium, à travers des expérimentations menées à l’échelle du corps ou du territoire. Les images naissent sur des supports sensibles, poreux, altérable et conjuguent techniques anciennes et technologies contemporaines. Elles ouvrent ainsi un champ d’exploration où se rencontrent le sensible et le temporel, le réel et la mémoire. En écho aux réflexions d’Anna Tsing sur les formes de vie qui émergent dans les ruines du capitalocène, l’exposition esquisse une poétique de la lenteur et de la disparition. Elle invite à prêter attention aux récits en creux et suggère, peut‑être, d’autres manières d’habiter le monde avec délicatesse, attention et écoute.

— Lena Peyrard

Curatrice et critique d’art indépendante

Fondation LAccolade

Horaires d’ouvertures :

Jeudi & Vendredi : de 15h à 19h,

Samedi : de 14h à 18h.


La Vie enchevêtrée

Du 17 au 30 novembre 2022 - WILDE

Avec la participation de Élodie Antoine, Laura Bartier, Amy Gross, Janaina Mello Landini, Luz Moreno Pinart, Élise Peroi, Brankica Zilovic Chauvain, FIBRA, Les Matribiotes.

L’exposition La Vie Enchevêtrée intervient en conclusion de la deuxième saison de résidences de recherche et de création de la Fondation LAccolade – Institut de France. Le titre La Vie Enchevêtrée fait référence à l’ouvrage de Merlin Sheldrake The Entangled Life. Nous voulons lui emprunter la formidable énergie qui s’y déploie, à l’instar du mycélium et des champignons qui interfèrent avec les plantes, les arbres, la forêt et dont les comportements sont étudiés par l’auteur, explorant ainsi les possibilités que nos destinées soient dépendantes d’une intrication vitale. D’autres espèces, notamment microscopiques et tous les règnes, végétal, animal, bactérien, fongique, voire minéral, influencent nos corps et notre esprit. Pour la plupart à notre insu, des échanges et des résistances s’organisent afin de ne pas mettre en péril la matière vivante et respirante, chaque organisme contribuant au tissage d’une trame extrêmement sophistiquée, au-delà de notre entendement actuel.

Pour cette exposition, nous avons convié d’autres artistes travaillant aussi avec le textile. Texte et textile proviennent de la même racine grecque. Les créations de Laura Bartier, Amy Gross, Janaina Mello Landini, Élise Péroi, Brankica Zilovic Chauvain, disséminées dans l’espace d’exposition viennent alimenter un récit vivant, un texte et un arrière-texte formels, esthétiques, signifiants.


Rien n’est vrai, tout est vivant

Du 16 au 31 octobre 2021 - Espace Cœur Marais

Le titre de la saison reprend le détournement d’un célèbre aphorisme par Edouard Glissant, « Rien n’est vrai, tout est vivant.». Il développa la portée de cette affirmation lors d’une intervention à la Maison de l’Amérique Latine à Paris en 2010 en opposant la dynamique du Vrai en tant qu’absolu au Vivant en tant qu’expression qui ne connait pas de discontinuité. Il dira également lors d’un entretien que « le niveau le plus élémentaire de cette affirmation est qu'il faut passer de l'idéologie à la pulsation, passer de l'idée systématique à l'intuition. La pulsation et l'intuition, c'est le vivant. L'idéologie, c'est le vrai, non pas au sens d'une vérité particulière, mais de ce Vrai absolu (et sectaire) qui a été très souvent à l'origine de la recherche de la connaissance (et de la puissance), particulièrement en Occident. Dans "Rien n'est vrai, tout est vivant", le vivant signifie l'inattendu, l'imprévu, souvent le non-rationnel, mais aussi l'ultrarationnel, sans fixité aucune... ». Pour se saisir de la question du vivant, il faut sans aucun doute faire preuve d’une disposition particulière, d’une sensibilité renouvelée, ne serait-ce que pour comprendre son étendue, ses ramifications infinies, sa fragilité. L’expérience infiniment concrète du changement climatique, ou encore de la disparition de pans entiers du vivant (nous pensons ici aussi bien aux animaux, qu’aux végétaux et aux dernières terres sauvages) nous intime au déplacement, à opérer un pas de côté, à nous décentrer.